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AU BURUNDI, LA DETTE INTERIEURE, UNE MENACE ET DECEPTION DES PRINCIPAUX BAILLEURS PAR LE POUVOIR NKURUNZIZA

Mise à jour 02 out 2012

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Le Burundi, petit pays de l’Afrique Centrale, vit essentiellement de l’agriculture et de l’élevage, un secteur très sensible pourtant négligé par le pouvoir car la population continue à pratiquer les méthodes agropastorales traditionnelles et par conséquent la production n’augmente pas pour pouvoir nourrir une population de près de 9 millions avec une densité d’environ 350 habitants par km2.

Cependant, le Burundi connaît une pluviosité suffisante avec trois saisons culturales, un réseau hydrographique riche et en plus, le pays est entouré des lacs au Nord et le lac Tanganyika à l’Ouest. Malheureusement, toutes ces potentialités ne sont pas du tout exploitées pour juguler la famine et la pauvreté qui font rage dans les ménages. Le secteur agro-pastoral est la base des recettes de l’état qui interviennent dans la réalisation des programmes de développement. Même les communes fonctionnent grâce aux taxes en provenance de ce secteur.

Au niveau national l’appauvrissement croissant handicape l’aboutissement des objectifs du millénaire pour le développement tel l’éducation et la santé pour tous. Ainsi, les mesures de gratuité des soins pour les enfants de moins de cinq ans et celles de l’enseignement primaire rencontrent des difficultés quant à leur réalisation car, le pouvoir NKURUNZIZA n’en est pas financièrement capable. L’accroissement démographique et en particulier celui des jeunes aggrave la situation. Curieusement, le pouvoir en place via son ministre des finances, Clotilde NIZIGAMA et NKURUNZIZA lui-même ont clamé haut et fort que les greniers de l’état sont garnis, pourtant la dette intérieure s’élève actuellement à plus de 500 milliards de francs burundais, soit la moitié du budget annuel.

Au lieu d’encourager les opérateurs économiques à augmenter leurs capitaux et à investir dans des domaines variés pour élargir l’assiette fiscale, le pouvoir actuel a préféré imposer des taxes et impôts exorbitants à tous les produits locaux et importés, provoquant ainsi la flambée des prix alors que le paysan et le fonctionnaire moyen de l’état ont un pouvoir d’achat très bas. La conséquence immédiate pour ces opérateurs économiques est que les sorties de leurs biens se font à compte-gouttes avec le risque de tomber en faillite et dans ce cas, l’Etat ne pourra plus recouvrer toutes les recettes escomptées. Raison pour laquelle beaucoup des grands commerçants ont quitté le Burundi pour aller investir ailleurs, les uns dans les pays de la sous région, les autres allant même jusqu’en Europe là où les conditions de travail sont plus favorables, la demande plus accrue et l’écoulement très rapide. Parallèlement, les principaux bailleurs de fonds ont été découragés par le comportement du pouvoir en place suite au non respect des conditionnalités maintes fois posées pour la bonne gestion des aides accordées en faveur du Burundi.
Pour cette année, une grande partie des aides promises n’a pas été décaissée pour des raisons ci haut évoquées, l’Etat a dû recourir à l’augmentation des taxes pour certains produits de premier nécessité pour la population notamment les boissons de toutes sortes,les communications téléphoniques et autres pour combler le vide. Force est de constater que c’est toujours la population déjà très pauvre qui continue à payer les pots cassés alors que tous les dignitaires qui gagnent plus sont jusqu’à présent exempte d’impôt.

Comme la dette intérieure est une menace grave pour pays et que ses principaux bailleurs sont déçus par les gestionnaires du pouvoir NKURUNZIZA, ces derniers devraient se ressaisir rapidement et changer de comportement en appliquant notamment la bonne gouvernance, la restauration de la démocratie, l’indépendance de la justice et le respect des droits de l’homme sinon, le Burundi marche tout droit dans l’obscurité totale. ...