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L’OMBUDSMAN BURUNDAIS, L’HONORABLE MOHAMED RUKARA:UNE TRAHISON POUR LA NATION BURUNDAISE

Mise à jour 25 juin 2012

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Il y a exactement deux ans à peu près, le Burundi est doté d’une haute institution dite Ombudsman, érigée conformément aux prescrits de la Constitution burundaise.

En effet, tout le peuple burundais ainsi que la communauté internationale espérait une bonne gouvernance appuyée par cette noble institution. Il est plus que vrai l’Ombudsman burundais a essayé d’agir à la satisfaction de tout un chacun surtout qu’il était institué dans un Gouvernement d’une fragilité incommensurable voire incomparable à voir l’évolution actuelle de la Démocratie mondiale. Il aurait démontré sa compétence dans la gestion de certaines situations conflictuelles où étaient impliquées certaines autorités du pays au détriment de la population qui voyait ses intérêts quelque peu bafoués. On ne saurait citer de seconde mine, en plus de la lutte contre les détournements des deniers publics ainsi que toutes les catégories des malversations économiques, la question des taxi-motos, celle des cyclistes ainsi que d’autres cas conflictuels qu’on ne saurait être tenté de prendre avec des pincettes.

Quant à la situation actuelle en rapport avec le travail de cette haute autorité , quid de ses compétences réelles du moment ? Devant la récente rocambolesque cataclysme concernant les détournements des minerais qui étaient saisis et conservés dans les entrepôts du port de Bujumbura, d’aucun ont été vachement ébahis par les contradictions et les chevauchements qui ont couronné cette question on ne peut plus embarrassante, du moins dans les milieux de certains dignitaires burundais. Sans pour autant vouloir mettre en jachère toute une autre gamme de questions pendantes qui ont attiré l’attention de l’opinion tant nationale qu’internationale ces dernières semaines, qu’il plaise à nos lecteurs de nous laisser un tout petit peu raisonner sur le comportement de cette haute autorité au cours de ses récentes réactions.

Force est de revenir sur des situations qui viennent de faire couler beaucoup d’encre et salive à savoir les menaces de morts qui ont pesé sur la tête de cette illustre personnalité, de même que les détournements qui se trament autour de cet homme d’Etat. En se remémorant un tout petit peu sur ce qui s’était passé juste il y a peu, de retour de sa mission de travail en Norvège, par le truchement des son porte-parole, il aura déclaré que sa vie était en danger à cause d’une petite poignée de gents qui sont impliqués dans de nombreux dossiers de malversations et détournements économiques. L’Ombudsman n’a pas non plus manqué d’ajouter aussi que, après sa mort, une autopsie serait obligatoire ;il avait promis de porter à la connaissance de la communauté nationale et internationale la liste exhaustive de tous ses futurs bourreaux puisqu’il avouait les connaître in extenso.

Cependant, à peine quelques jours près, alors que tout un chacun était impatient d’entendre cette lueur d’espoir que les personnes qui ont longtemps endeuillé le pays par les maux de tout acabit allaient être connues pour ainsi être traduites en justice pour sauver la nation meurtrie par ces tueries intempestives devenues monnaie courante, voilà malheureusement qu’il vient de déclarer que c’est un secret à lui et à lui seul, pendant et après l’exercice de ses fonctions.

Devant cet état de fait, chacun a le droit de se poser des questions comme bon lui semble. Dans la pure logique des choses, aucune circonstance ne peut justifier le fait de garder comme secret les personnes qui tuent et pillent les biens publics, à moins que l’on soit dans le même circuit ou complice. Mais alors, qui sont ses propres bourreaux ? On n’aura entendu que le Président de la République du Burundi s’est saisi de la question en lui faisant une garde renforcée par des militaires et des plus compétents à en croire les propos du porte-parole de l’Ombudsman, Monsieur Jérôme NDIHO. Est-ce que l’Ombudsman a été menacé de mort à la merci de tous les militaires qui assuraient sa sécurité nonobstant leur incompétence sous-entendue dans les propos de NDIHO ? De surcroît, nul n’ignore que le fait de garder comme un secret pour ne pas dénoncer des criminels en puissance y compris ses propres futurs bourreaux est un crime plus odieux que celui des planificateurs de crimes. Par ailleurs, ce serait un moyen plus sûr d’aider les corps de défense et de sécurité de traquer et d’arrêter la commission de ces crimes. Toute la population est appelée à dénoncer à temps toute commission éventuelle de crime du moins si l’on a la chance d’en connaître à temps et surtout avant les débuts d’exécution. Comment peut-on expliquer qu’une haute autorité comme celle de l’Ombudsman peut se permettre de garder le secret des bourreaux et, qui plus est, de ses propres menaces ? L’histoire comprendra que Mohamed RUKARA gardait le secret des personnes qui voulaient le tuer après avoir réclamé, de son vivant, une éventuelle autopsie.

Sa majesté l’Ombudsman nous réserve beaucoup de péripéties ces derniers jours. Alors qu’il était entrain de travailler d’arrache-pied pour juguler la corruption qui gangrène notre pays spécialement sous le règne de Nkurunziza, il vient de sombrer dans le grand scandale en Belgique où il a failli se trouver sous les verrous. A en croire les sources bien informées en Belgique, il a placé sur un compte bancaire une somme colossale équivalente à un million trois cents milles euros, soit deux milliards trois cents quarante millions de francs burundais. Voila le favori de la lutte contre la corruption et les autres malversations économiques dans les rangs du parti au pouvoir, spécialement le parti présidentiel. Alors que les banques burundaises sont en course aux crochets avec la banque centrale pour les déficits financières, au moment où la population dénonce sans cesse la vie chère au Burundi, qui comprendrait qu’une autorité comme RUKARA plonge ainsi dans une telle cacophonie ? En tout état de cause, ces crimes de détournement et malversations économiques sont vraiment pervers et dévastateurs à telle enseigne que nul ne peut fermer l’œil.
Le grand problème est que la justice burundaise de ces dernières années est devenue une justice du pouvoir. Des idées de ces éminents juristes Jean Paul BAZELAIRE et Thierry CRETIN dans « La Justice Pénale Internationale », in Criminalité Internationale, « depuis fort longtemps dans l’histoire, la justice est indissociable des pouvoirs régaliens de l’Etat. L’Etat offre à l’institution judiciaire, dans le cadre des règles constitutionnelles et des lois de procédure qui distribuent les pouvoirs et les devoirs des différents corps de l’Etat, les moyens de sa puissance et de son efficacité. Une police qui recherche, arrête et défère aux procureurs et aux juges les auteurs des infractions, une administration pénitentiaire qui exécute les décisions rendues par les juges ;une administration du trésor qui recouvre les amendes prononcées. Une justice suppose d’être appliquée, au besoin par contrainte, sans quoi elle n’est qu’un vain mot. » N’eut été cette justice qui vaut ce que vaut le régime de ce parti au pouvoir, RUKARA devrait être déféré devant la justice pour répondre de ces détournements qui rentrent dans la logique des crimes de terrorisme. L’Assemblée Nationale qui a, dans ses attributions, la gestion l’Ombudsman devrait s’être saisie de la question pour émettre une motion de défiance et ainsi le démettre de ses fonctions pour lesquelles il n’est plus à la hauteur. Wait and see. En tout cas, s’il échappe à la justice burundaise et bénéficie de la protection du parti de son Président, il ne sera pas de même devant celle de la Belgique qui a une compétence universelle. Le peuple burundais qui souffre d’une extrême pauvreté attend le salut de cette ancienne puissance colonisatrice.