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QUELLE EST LA REFERENCE POLITIQUE DU PRESIDENT PIERRE NKURUNZIZA ?

Mise à jour 3 out 2012

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Le passé ne signifie pas totalement fini! Au passage, chaque personne laisse derrière lui des traces permettant de reconnaître le chemin emprunté. Si le chemin lui a été favorable, ses successeurs y passeront et seront sauvés. Au cas contraire, ils l’éviteront car leur sera connu d’avance.

Si nous jetons un regard rétrospectif sur la succession des pouvoirs au Burundi, nous constatons que chaque Président ayant dirigé ce pays est marqué par ses œuvres et la voie par laquelle il a accédé au pouvoir. Qu’en est-il durant les 50 ans écoulés ?

Le Prince Louis RWAGASORE a été caractérisé par la lutte pour l’indépendance du Burundi. Il était juste, mettait en avant l’unité des Burundais mais a été assassiné sans assister aux cérémonies de cette indépendance. Précisons que le discours de circonstance a été prononcé par le Ministre André MUHIRWA et qu’il reste caché jusque maintenant.

L’année 1966 a inauguré les pouvoirs militaires, année où le Capitaine Michel MICOMBERO, Premier Président du Burundi à régime républicain, a accédé au pouvoir grâce l’appui de l’armée. Beaucoup de burundais se souviennent de lui suite aux événements sanglants de 1972, où des milliers de burundais innocents ont été massacrés pendant que d’autres étaient forcés à l’exil. Son règne a été généralement caractérisé par des crimes inhumains hors pair qui ont également emporté la vie du dernier monarque du Burundi, NTARE V NDIZEYE Charles,

Après cette tragédie qu’a connue le Burundi, certains membres de l’armée n’ont pas apprécié positivement ces actes ignobles. C’est dans cette atmosphère que le Colonel Jean Baptiste BAGAZA, lui aussi aidé par l’armée, a opéré un coup d’état. Il a réalisé pas mal d’œuvres de développement, mais au niveau politique, beaucoup de burundais sont restés dans l’insécurité. Dans les écoles, il y avait un programme de discrimination à base ethnique où l’on précédait la lettre I du nom d’un élève tutsi pendant qu’il fallait mettre le U devant celui d’un élève d’ethnie hutu. Nul n’oublierait jamais de signaler le conflit qu’il a eu avec l’Eglise Catholique quand il a été pris par je ne sais quel démon qui l’obligea finalement de s’arroger le droit de fermer obligatoirement certaines des églises d’emprisonner des prêtres ; acte qui l’a discrédité aux niveaux national et international.

Dans cette succession des faits, certains militaires originaires de la Province Bururi, précisément de la Commune RUTOVU, déjà habitués aux avantages du pouvoir, ont opéré un coup d’état au profit du Major Pierre BUYOYA. Promettant aux burundais une administration caractérisée par l’unité, il a organisé un référendum sur l’Unité Nationale. Pour la majorité de burundais, cette unité ne serait uniquement restée que dans les mots. La venue du multipartisme n’a pas tourné en sa faveur car il a été battu lors des élections qu’il a lui –même organisées en 1993.

Suite au courant du multipartisme, les élections ont été gagnées par le Parti SAHWANYA FRODEBU qui avait délégué Melchior NDADAYE aux présidentielles. Après seulement 3 mois au pouvoir, il a été sauvagement assassiné, avec beaucoup de ses proches collaborateurs qui provenaient du même parti, y compris le Président de l’Assemblée Nationale. Le Burundi a été plongé dans une crise politico ethnique qui durera plus d’une décennie. La succession des Présidents Hutu avait débuté au profit d’une gamme de problèmes qui les guettaient sans cesse.

Le régime de Cyprien NTARYAMIRA, qui avait été élu pour succéder à NDANDAYE, ne fera long feu car il dirigera le Burundi pas plus de 2 mois avant d’être emporté par le crash de l’avion au bord duquel il était aux côtés du feu Président Rwandais Juvénal HABYARIMANA juste le 6 Avril 1994. Les quelques rescapés collaborateurs de feu Président NDADAYE se sont organisés et porté au pouvoir NTIBANTUNGANYA Sylvestre, alors Ministre des Relations Extérieures et de la Coopération. Signalons qu’avant d’être porté au pouvoir, il a fallu qu’il démissionnai d’abord de ses fonctions pour se faire élire Président de l’Assemblée Nationale afin d’être en phase avec les dispositions de la Constitution du Burundi.

Le Président NTIBANTUNGANYA aura dirigé le pays dans des circonstances extrêmement difficiles dans la mesure où l’infatigable Major BUYOYA ne tardera pas à le destituer, revenant ainsi au pouvoir pour la 2ème fois, le 25 Juillet 1996. Comme le pays avait déjà sombré dans une guerre civile, des pourparlers ont eu lieu et ont abouti à la signature des accords de paix à ARUSHA en 2000. Il sera décidé qu’un gouvernement de transition soit mis en place, occasion qui a porté NDAYIZEYE Domitien, un autre hutu au pouvoir. A cette époque, non moins radical comme ses prédécesseurs, il se mit à fermer les radios privées ISANGANIRO et RPA car elles auraient tendu le micro aux rebelles, sanction contraire aux droits dévolus aux médias.

Après ce régime de transition, des élections ont été organisées en 2005 et ont porté au pouvoir l’actuel Président NKURUNZIZA Pierre, délégué par le parti CNDD-FDD. Ce parti profondément enraciné au sein de la couche de la population, a gagné les élections communales, législatives et sénatoriales. Après une courte période, lors de sa décente sur terrain en Province de BUBANZA, le jeune Président prononça un rocambolesque discours devant un immense public par lequel il a précisé qu’il n’a pas été Président grâce aux voies portées pour lui.

Pour un lecteur avisé, c’était le début de ses malfaçons parce qu’il commençait à sous-estimer la lutte armée et tous les efforts fournis dans le cadre politique jusqu’à son accession au pouvoir. Après une seule année au pouvoir, il commençait déjà à montrer à ses anciens compagnons de lutte qu’il a déjà oublié le testament prononcé à MAKAMBA. Car, en effet, il a juré dans ces termes très profonds :

« Moi NKURUNZIZA Pierre, honoré par le Mouvement CNDD-FDD pour le représenter dans les institutions ; je jure devant Dieu le Tout Puissant, tous les Bagumyabanga ici réunis et ceux emportés par la lutte armée , de rester fidèle à l’idéologie du Mouvement et de demeurer attentif en paroles et en actions pour le bien-être de mes compagnons de lutte et à l’intérêt supérieur de tous les Burundais. En outre, je m’engage à adopter une attitude qui honore le Mouvement et le peuple burundais. J’accepte la malédiction de Dieu le Tout Puissant en cas de la transgression du présent testament ».

Devant une assemblée de Bagumyabanga, le Président NKURUNZIZA Pierre a prononcé ce lourd testament, en tenant dans la main gauche les drapeaux du pays et du Mouvement, et dans la main droite la Bible.

Néanmoins, nous constatons une trahison innée de ce Président. En effet, après à peine quelques jours au pouvoir, il n’a pas tardé à transgresser son testament par lequel il a dorénavant accepté la malédiction de Dieu. Il n’a pas tardé à trahir ses amis de lutte, en assassinant les uns, en exilant les autres, sans oublier l’emprisonnement des autres. En se servant de la justice non encore indépendante, de la police et du service national des renseignements il lui sera impossible d’épargner celui qu’il a longtemps appelé « Grand Père », qu’il considérait comme son père, celui qui l’a sauvé et à qui il doit son accession au pouvoir malgré son ingratitude, se souvient bien-entedu et reconnaît son rôle, l’a emprisonné jusque maintenant, c’est l’Honorable El-Hadj Hussein RADJABU. Quant à celui qui est parmi les pionniers de la lutte armée du CNDD-FDD, l’Honorable NZOBONIMPA Manassé est en exil après avoir échappé de justesse à de multiples tentatives d’assassinat. Nous ne saurions citer de seconde mine l’Honorable Pascaline KAMPAYANO, celle que les combattants appelaient « Maman ZURU », qui croupit encore inexorablement en exil pour les mêmes motifs.

Qui encore pourrait passer sous silence la mort tragique du Major Jean Petty NDUWIMANA, ancien cadre du Service National des Renseignements et chef de la sécurité du Président NKURUNZIZA au maquis qui, après être livré, car toutes les stations radio ont informé l’opinion, est passé devant cette haute autorité avant d’être sauvagement assassiné par des agents sous ses commandes. Quelle ingratitude ?

Selon l’adage rundi qui dit qu’il faut demander les maux de la sous terre au champignon qui en sort récemment ; le pouvoir NKURUNZIZA nous aura infligé tous les maux.

Tenez ! Le Burundi est recensé parmi les 3 pays les plus pauvres du monde, est 1er au niveau des pays de la communauté de l’Afrique de l’Est dans la corruption et est classé parmi les premiers pays caractérisés par la mauvaise gouvernance et qui violent les droits humains. Aucun jour ne passe sans qu’une âme périsse au Burundi !

Au regard de la loi, le Président Pierre NKURUNZIZA a démoli les bases sur lesquelles il devait bâtir la démocratie, en foulant aux pieds la loi fondamentale du pays qu’est la Constitution. Il a pêché devant Dieu le Tout Puissant en violant le contenu de son testament. Il aurait mieux valu demander pardon à Dieu, au peuple burundais et à toute la communauté internationale. Il serait souhaitable pour lui de se ressaisir, quand il est encore possible, pour qu’il ne rate pas l’ultime occasion ici bas et dans l’au-delà. A bon entendeur salut !